8 août 2022

Textes choisis

rois-mages

Ils ont marché longtemps,
Ils ont marché dans la nuit,
Ils ont marché à l’étoile,
Et dans la crèche ils ont trouvé un enfant de lumière.
Oh, Seigneur de lumière,
Comme les mages, nous te cherchons chaque jour.
Pour te trouver, Seigneur,
Il suffit de suivre l’étoile de la bonté et de la paix.

Vois, Seigneur, comme les mages,
nous venons de chez nous pour chercher auprès de toi la paix et la joie.
Nous venons de partout pour t’entendre
nous dire des mots d’amour pour tout le monde.
Et toi, Jésus, tu nous reçois tous et tu nous dis :
« Me voici, je me donne à vous comme un cadeau pour vous tous !
Servez-vous ! Près de moi, vous trouverez le plus grand bonheur. »

Tu veilles, compagnon de nos attentes,
toi, visiteur caché de notre vie.

Fais-nous entendre ta voix qui redresse
quand nous ployons sous le poids du malheur
et ouvre l’horizon de la tendresse
si crainte et peur font dériver nos cœurs.

Que ta Parole fasse lever l’aurore
de notre humanité transfigurée,
et fasse éclore, en toutes nos opacités,
un souffle neuf chantant la joie d’aimer.

Sous nos pas fleuriront pour notre terre
Justice et paix, amour et vérité,
et de nos mains, des perles de lumière.

Dietrich Bonhoeffer

Je ne pourrais jamais oublier une bribe de chanson
que j’entendis une fois au point du jour:
“Batelier, conduis-moi jusqu’à l’autre rive!”

Dans toute l’agitation de notre travail retentit cet appel:
“Conduis-moi jusqu’à l’autre rive!”

Dans l’Inde, le charretier qui conduit sa voiture chante:
“Conduis-moi jusqu’à l’autre rive!”

Le petit colporteur qui vend de l’épicerie à ses clients chante:
“Conduis-moi jusqu’à l’autre rive!”

Mais où est l’autre rive?
Est-ce autre chose que ce que nous avons?
Non, c’est au cœur même de notre activité que nous cherchons notre but.
Nous appelons pour qu’on nous fasse traverser, là même où nous sommes…

Où pourrais-je te trouver sinon dans ma maison devenue Tienne ?
Où pourrais-je me joindre à Toi, sinon dans mon travail transformé en Ton travail ?
Si je quitte ma maison, je n’atteindrai pas Ta maison ;
si je cesse mon travail, je ne pourrais jamais Te rejoindre en Ton travail,

car Tu habites en moi, et moi en Toi.

Rabinddranath Tagore (extrait de Sadhana)

Un mandarin partit un jour dans l’Au-Delà. Il arriva d’abord en enfer.

Il y vit beaucoup d’hommes, attablés devant des plats de riz ; mais tous mouraient de faim, car ils avaient des baguettes longues de deux mètres et ne pouvaient s’en servir pour se nourrir.

 Puis il alla au Ciel.

 Là aussi, il vit beaucoup d’hommes attablés devant des plats de riz ; et tous étaient en bonne santé, car eux aussi avaient des baguettes longues de deux mètres, mais chacun s’en servait pour nourrir celui qui était assis en face de lui.

 

Je dois vous l’avouer, chers Paroissiens, j’ai, parfois, des démangeaisons.

Par exemple, il m’arrive, lors des messes du Samedi, d’avoir une grande envie de compter les habitants de tel ou tel village présents à la célébration, pensant que j’aurais, sans doute, assez de mes dix doigts, pour le faire. La même envie me prend, parfois, le Dimanche, pour vérifier le nombre de gens qui profitent de la chance d’avoir la Messe célébrée, dans leur village. Mais, je me retiens et je continue, bien sûr, la célébration.

Lors des obsèques, j’ai parfois, très envie de poser la question : « Pourquoi faire venir à l’église, entre quatre planches, quelqu’un qui, de son vivant, a tenu à ne jamais y venir ? ». Mais, je me tais, par respect, pour la famille en deuil. Toujours, pour les enterrements, j’ai bien envie de demander aux personnes qui sont très en avance, devant l’église ou même à l’intérieur, si elles  se sont trompées d’heure, ou s’il s’agit, pour elles, d’un événement à ne surtout pas rater. Je préfère, cependant, me convaincre qu’elles sont là, pour commencer, un peu plus tôt, leur prière…

Autre démangeaison : lors des obsèques, des baptêmes et des mariages, l’envie me prend, parfois, d’imiter les personnes qui mâchent du chewing-gum. Mais, si je le faisais, il faudrait alors arrêter le chant  – que je suis, parfois, le seul à assurer.

Lorsque des personnes disent « MERCI », en recevant la Sainte Communion, ma première envie est de leur dire « Merci qui ? », plutôt que : « Il n’y a pas de quoi ! ». Jusqu’à présent, je me contente de leur faire comprendre qu’il convient de répondre : « AMEN ! ».

J’ai, parfois, envie de dire à ceux qui déposent 1 ou 2 centimes à la quête, de se doter, rapidement de nouvelles lunettes ou bien de considérer ce qu’ils pourraient acheter, avec pareille somme dont ils se privent si généreusement. Mais, je me tais, pour qu’ils n’aillent pas croire que j’aime l’argent.

Quand on me téléphone, sans se présenter – ce qui arrive de plus en plus –  j’ai, parfois, envie de prendre une autre voix, pour faire croire à une erreur de numéro. Cependant, je passe outre, en pensant que la personne en question a cru dire son nom ou que ce n’est pas de sa faute, si elle n’a pas reçu le minimum d’éducation…

Bref, chers Paroissiens, j’ai, parfois, des démangeaisons – ce qui doit vous arriver aussi.  Mais, je me retiens. Cependant, je ne sais pas si je pourrais, en tous ces points, tenir très longtemps !…

  Signé : Monsieur le Cur

Aide miséricordieusement tout ce qui a besoin d’être aidé – sinon par l’action, au moins par la prière.
Tendre vers le seul Bien nécessaire, s’abandonner tout entier au bon plaisir de Dieu ne signifie pas détruire toute joie, empoisonner tout commerce avec les hommes.
Aime l’homme en vérité et en toute cordialité, aime-le avec ce qu’il a de profondément personnel, aime-le dans ses nécessités et ses angoisses, dans sa peine sourde et son déchirement intime, dans son isolement déprimant, dans son humble repentir et toutes ses difficultés.
Aime l’homme dans son allégresse et son enchantement. Prend part aux petites joies que le jour lui apporte. Annonce-lui le joyeux message du Père; change, si possible, ses dispositions amères en une attitude de bonheur intime en face de la vie.
Sois patient vis-à-vis de ce qu’il y a de mauvais, de misérable, de défectueux en lui. N’appelle pas le feu du ciel sur le méchant.

Dom Idesbald Van Houtryve, o.s.b., de l’Abbaye du Mont Cesar
Extrait de “Dans l’Esprit du Christ”, Abbaye du Mont Cesar, Louvain, L’Edition Universelle, S.A., Bruxelles, 1939

 

Dites, dites, si c’était vrai
S’il était né vraiment à Bethléem, dans une étable
Dites, si c’était vrai
Si les rois Mages étaient vraiment venus de loin, de fort loin
Pour lui porter l’or, la myrrhe, l’encens
Dites, si c’était vrai
Si c’était vrai tout ce qu’ils ont écrit Luc, Matthieu’ETAI
Et les deux autres,
Dites, si c’était vrai
Si c’était vrai le coup des Noces de Cana
Et le coup de Lazare
Dites, si c’était vrai
Si c’était vrai ce qu’ils racontent les petits enfants
Le soir avant d’aller dormir
Vous savez bien, quand ils disent Notre Père, quand ils disent Notre Mère
Si c’était vrai tout cela
Je dirais oui
Oh, sûrement je dirais oui
Parce que c’est tellement beau tout cela
Quand on croit que c’est vrai.

Jacques Brel

A mon avis, Dieu avait une sorte de jalousie. Depuis la création du monde,

il voyait tous ses enfants venir au monde et lui, Dieu, n’était jamais venu au monde.

Il devait en garder une sorte de complexe.

Dieu, lui, n’avait jamais su ce que c’est de naître, il ne savait pas ce que c’est que de commencer, d’ouvrir les yeux p9ur la première fois.

 

– Il ne savait pas ce que cela voulait dire grandir.

Il n’avait jamais connu le commencement.

Dieu avait tout créé, mais il ne l’avait jamais éprouvé, il n’avait encore jamais donné un baiser,

ni reçu de poignée de main.

Dieu ne s’était encore jamais jeté dans des bras. Il en rêvait, il l’a fait. Il le fait. C’est Noël.

 

Jean Debruynne

Vermeil

 

Je regarde mes fils en vacances, dit Dieu, parce que c’est moi qui les ai créés à mon image. Et même quand ils se reposent, ils sont à ma ressemblance.

Moi aussi après la Création, j’ai pris loisir de regarder mon œuvre et je me suis reposé. Je suis pour le repos, dit Dieu. Bien entendu le repos après le travail dont j’ai donné l’exemple. Et mon fils Jésus, au temps où il maniait la varlope à Nazareth, vous croyez qu’il ne se reposait pas avec joie ? C’est pourquoi j’aime que vous soyez en vacances.

Mais quand je vous vois incapables de rester en place, dit Dieu, à tourner et à tournoyer comme des fourmis en déroute, je me dis que vos vacances, au fond, ce n’est pas du repos. Cette agitation, c’est même un piège du malin qui vous empêche de penser à vous et aux autres et à Moi qui suis votre Père du ciel.

Je regarde mes fils en vacances, dit Dieu, et je ne trouve pas qu’ils aient tellement l’air d’être en vacances. Mais je ne trouve pas non plus qu’ils aient tellement l’air d’être mes fils. Sur les plages qui sont si belles et si bonnes, je le sais bien, moi, qui les ai faites, ils sont là étendus. Et malgré la clarté de mon soleil, ce n’est pas un joyeux tableau. Ils me font penser à ces pauvres gens dont mon Fils a eu pitié autrefois, comme en Palestine, las et prostrés comme un troupeau abandonné.

Je n’ai rien contre les corps bronzés et les bains de soleil, dit Dieu, le soleil, je l’ai créé moi-même. Et l’homme et aussi la femme, je les ai vus, au printemps du monde, au temps de leur innocence, aller et venir sur ma terre, où ils étaient nés. Et ça ne m’offusquait pas. Mais ce que je n’aime pas dans ces multitudes, c’est qu’elles s’ennuient et qu’elles ont l’esprit vide. On dirait que les âmes sont parties en vacances, abandonnant le corps sur le sable comme des poissons échoués. Et ça, dit Dieu, ça ne me plaît pas. Boire, manger, dormir, se multiplier, dit Dieu, je n’en demande pas plus aux animaux que j’ai créés.

Mais pour l’homme qui est mon Fils, j’ai rêvé quelque chose de plus

Même et surtout quand il est en vacances.

     Michel Quoïst

Dieu seul peut créer,
Mais tu peux valoriser ce qu’il a créé.

Dieu seul peut donner la vie,
Mais tu peux la transmettre et la respecter.

Dieu seul peut donner la santé,
Mais tu peux orienter et guider … ou soigner.

Dieu seul peut donner la foi.
Mais tu peux donner son témoignage.

Dieu seul peut infuser l’espérance,
Mais tu peux rendre la confiance à ton frère.

Dieu seul peut donner l’amour,
Mais tu peux apprendre à l’autre à aimer.

Dieu seul peut donner la joie,
Mais tu peux sourire à tous.

Dieu seul peut donner la force,
Mais tu peux soutenir un découragé.

Dieu seul est le chemin,
Mais tu peux l’indiquer aux autres.

Dieu seul est la lumière,
Mais tu peux la faire briller aux yeux de tous.

Dieu seul est la vie,
Mais tu peux rendre aux autres le désir de vivre.

Dieu seul peut faire des miracles.
Mais tu peut être celui qui apporte les 5 pains et les 2 poissons.

Dieu seul peut faire ce qui paraît impossible,
Mais tu pourras faire le possible.

Dieu seul se suffit à lui-même,
Mais il a préféré compter sur toi…

Père Guy Gilbert

 

 

Oh ! Seigneur,
Quand je suis affamé, donne-moi quelqu’un qui ait besoin de nourriture;
Quand j’ai soif, quelqu’un qui ait besoin d’eau;
Quand j’ai froid, envoie-moi quelqu’un à réchauffer;
Quand je suis blessé, donne-moi quelqu’un à consoler;
Quand ma croix devient lourde, donne-moi la croix d’un autre à partager;
Quand je suis pauvre, conduis-moi à un nécessiteux;
Quand je n’ai pas le temps, donne-moi quelqu’un que je puisse aider un instant;
Quand je suis humilié, donne-moi quelqu’un dont faire l’éloge;
Quand je suis découragé, envoie-moi quelqu’un à encourager;
Quand j’ai besoin de la compréhension des autres, donne-moi quelqu’un qui ait besoin de la mienne;
Quand j’ai besoin qu’on prenne soin de moi, envoie-moi quelqu’un dont prendre soin;
Quand je ne pense qu’à moi, tourne mes pensées vers autrui.

Prière des coopérateurs japonais de Mère Teresa

Toi, Seigneur, tu m’invites à pardonner sans cesse. Chaque jour, de nombreux événements, de petits et de gros conflits, de minuscules et d’énormes malentendus, me lancent un appel.

Chaque jour retentit l’appel à pardonner. Mais je n’en ai pas envie, Seigneur. Parce ce que j’ai l’impression de toujours plier quand je pardonne. J’ai l’impression d’être le plus faible, celui qui n’a pas assez de colonne vertébrale pour se tenir debout.

Puis je me souviens de toi sur la croix. Il t’en fallait du courage et de l’amour pour dire : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font !

Donne-moi la force de pardonner sans cesse. Car je sais, en regardant ta vie et ta mort, que ce n’est pas de la faiblesse de ne jamais refuser son pardon.

C’est de la force.

C’est la force de l’amour.

priere mains croixSeigneur,
Aujourd’hui, tu nous rejoins là où nous sommes,
Tels que nous sommes.
Tu poses sur nous un regard compatissant,
Qui ne juge pas mais voit au-delà de nos fautes,
Empreint d’amour et du désir de nous libérer.

Tu veux entrer dans notre cœur,
Nous atteindre dans notre faim profonde d’être accueillis, choisis, aimés,
Pardonnés et réconciliés avec toi.
Entre, Seigneur !
Que ta parole nous incite à mettre de l’ordre dans notre vie,
A regarder les gens qui nous entourent avec ton regard,
A nous ouvrir les mains, à changer…

Entrer en Carême
c’est ouvrir sa porte et réapprendre à bouger, à se déplacer, à vivre.
C’est refuser de rester figé sur ses positions, ses dogmes ou ses certitudes absolues.

Entrer en Carême
c’est aussi changer de cap.
Mettre le cap sur Dieu en se laissant déranger par les coutumes des autres, leurs idées,
leurs habitudes, leurs langues,
se laisser surprendre par la musique de l’autre qui dit un autre rythme, au autre temps, une autre chanson.

Entrer en Carême
c’est se mettre à l’écoute de la Parole, celle qui, au milieu des bavardages, nous touche au cœur et nous arrache non une larme, un billet de banque, un chèque,
mais un geste de pardon, d’amour ou de paix.

Entrer en Carême
c’est se mettre à l’écoute de la réussite de Dieu, celle qui accepte la blessure, celle qui ne profite pas de l’échec du faible, celle qui n’exploite pas la naïveté
ou la sueur du faible.

Entrer en Carême,
c’est se mettre à l’écoute de l’Amour de Dieu, un Amour qui vous apprend à lire autrement,
à parler, à partager, à se rencontrer autrement.
A aimer simplement.
Père Alain Lotodé
Curé de la paroisse Notre Dame de Pentecôte (Paris-La Défense)

 

J’ai dit à la Terre :
« Es-tu le Dieu que je cherche ? »
Elle m’a répondu :
« Ce n’est pas moi ton Dieu. »
J’ai dit à tout ce qui vit sur terre :
« Êtes-vous le Dieu que je cherche ? »
Et tout ce qui vit m’a répondu :
« Nous ne sommes pas ton Dieu. »
J’ai demandé à la mer et à tous les êtres qui la peuplent :
« Êtes-vous le Dieu que je cherche ? »
Ils m’ont répondu :
« Nous ne sommes pas le Dieu que tu cherches. »
Alors j’ai dit à tous les êtres que je vois,
que j’entends, que je sens, que je touche :
« Parlez-moi de mon Dieu puisque vous ne l’êtes pas.
Dites-moi quelque chose de Lui. »
Et ils m’ont crié de leur voix puissantes :
« C’est lui qui nous a fait. »
Saint Augustin

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir
Et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer
Et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil
Et des rires d’enfants.
Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence,
Aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite surtout d’être vous.

Jacques Brel

Victor_hugoEspère, enfant ! demain ! et puis demain encore !
Et puis toujours demain ! Croyons dans l’avenir.
Espère ! et chaque fois que se lève l’aurore,
Soyons là pour prier Dieu, comme pour bénir !

Nos fautes, pauvres anges, ont causé nos souffrances.
Peut-être qu’en restant bien longtemps à genoux,
Quand Il aura béni toutes les innocences,
Puis tous les repentirs, Dieu finira par nous.

Victor Hugo (1802-1885), 7 octobre 1834
Les Chants du crépuscule (XXX)

 

Qui es-tu, douce lumière qui m’inondes
Et illumines l’obscurité de mon cœur ?
Tu me conduis par la main comme une mère,
Et si Tu me lâchais, je ne saurais faire un pas de plus.
Tu es l’espace qui enveloppe mon être et le garde en lui,
Abandonné de Toi, il tomberait dans l’abîme du néant
dont Tu me tiras pour m’élever à la lumière.
Toi, plus proche de moi que je ne le suis de moi-même,
Plus intérieur que mon être le plus intime
Et pourtant insaisissable et inouï.
Surprenant tout nom
ESPRIT SAINT, AMOUR ÉTERNEL.

N’es-tu pas la douce manne
qui déborde du cœur du Fils
Dans mon cœur, Nourriture des anges et des bienheureux ?
Lui qui s’éleva de la mort à une vie nouvelle
m’a éveillée aussi du sommeil de la mort
à une vie nouvelle et me donne vie nouvelle jour après jour.
Sa plénitude viendra un jour m’inonder,
Vie de Ta vie, oui Toi-même
ESPRIT SAINT, VIE ÉTERNELLE.

Es-tu le rayon qui jaillit du trône du juge éternel
Et fait irruption dans la nuit de l’âme,
Qui jamais ne se connut elle-même ?
Miséricordieux, impitoyable, il pénètre les replis cachés.
Effrayée à la vue d’elle-même,
Elle est saisie d’une crainte sacrée,
Le commencement de cette sagesse,
Qui nous vient d’en haut et nous ancre solidement dans les hauteurs
Par Ton action qui nous crée à neuf,
ESPRIT SAINT, RAYON QUI PÉNÈTRE TOUT.

Es-Tu la plénitude de l’esprit et de la force
Par laquelle l’Agneau délie les sceaux
De l’éternel dessein de Dieu ?
Envoyés par Toi, les messagers du jugement chevauchent de par le monde
Et séparent d’un glaive acéré
Le royaume de la lumière du royaume de la nuit.
Alors le ciel devient nouveau et nouvelle la terre
Et tout vient à sa juste place Sous ton souffle
ESPRIT SAINT, FORCE VICTORIEUSE.

Es-Tu le maître qui édifie la cathédrale éternelle,
Qui de la terre s’élève dans les cieux ?
Vivifiées par Toi, les colonnes s’enlacent bien haut
Et se dressent à jamais inébranlables.
Marquées du nom éternel de Dieu,
Elles se haussent dans la lumière
Et portent la coupole puissante
Qui couronne la cathédrale sacrée,
Ton œuvre qui embrasse le monde,
ESPRIT SAINT, MAIN DE DIEU QUI FAÇONNE.

Est-ce Toi qui créas le miroir clair
Tout proche du trône du Très-Haut,
Pareil à une mer de cristal,
Où la divinité se contemple avec amour?
Tu Te penches sur la plus belle œuvre de ta création,
Reflet lumineux de Ton propre rayonnement
Et de tous les êtres, pure beauté Unie à la figure aimable De la Vierge,
Ton épouse immaculée
ESPRIT SAINT, CRÉATEUR DE L’UNIVERS.

Es-tu le doux cantique d’amour et de crainte sacrée
Qui retentit près du trône de La Trinité,
Qui marie en lui le son pur de tous les êtres ?
Harmonie qui assemble les membres à la Tête,
Et se répand plein d’allégresse,
Libre de toute entrave dans Ton jaillissement
ESPRIT SAINT, ALLÉGRESSE ÉTERNELLE.

CE POÈME D’ÉDITH STEIN EST DATÉ DE LA PENTECÔTE 1937.

Hier, aujourd’hui, demain
Nous avions ensemble fait tant de choses.
Et voilà que maintenant tu nous quittes.
Nous avons mangé, bu avec toi, nous avons partagé les soucis et les travaux quotidiens.
Avec toi, nous avons partagé tant de projets et tant d’espoirs.
Il y a tant de choses encore que nous aurions voulu faire ensemble.
Mais cela semble s’arrêter aujourd’hui et ce n’est plus ensemble que nous allons réaliser ce que tu espérais.
Nous voudrions nous souvenir de toi, continuer de travailler à tout ce que tu attendais, à tout ce que tu espérais.
Comme un mur, la mort nous sépare de toi, comme le souffle du vent qui balaie les obstacles,
notre amitié, notre affection et notre espérance s’en iront te rejoindre là où désormais tu nous attends près de Dieu.

 

Sermon de saint Augustin (évêque d’Hippone, Afrique du Nord, mort en 430), sur la montée du Seigneur Jésus Christ au ciel, pour l’Ascension. Publié le 12 avril 2014.

Aujourd’hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui.

Écoutons ce que nous dit l’Apôtre : Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps.

Lui a déjà été élevé au-dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? Et il avait dit aussi : J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui. Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel.

Le corps du Christ
Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui. C’est bien pourquoi saint Paul affirme : Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas : le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.

Saint Augustin