livre

Textes choisis

 

1. Tiens compte du fait que le grand amour et les grandes réussites impliquent de grands risques.
2. Lorsque tu perds, ne perds pas la leçon.
3. Suis les trois R :
– Respect de toi-même
– Respect des autres
– Responsabilité de tes actes
4. Souviens-toi que ne pas obtenir ce que tu veux est parfois un coup de chance.
5. Apprends les règles pour savoir les transgresser correctement.
6. Ne laisse pas une petite blessure meurtrir une grande amitié.
7. Lorsque tu réalises que tu as commis une erreur, prends immédiatement des mesures pour la corriger.
8. Passe un peu de temps seul chaque jour.
9. Ouvre tes bras au changement, mais ne laisse pas s’envoler tes valeurs.
10. Rappelle-toi que le silence est parfois la meilleure des réponses.
11. Vis ta vie d’une façon bonne et honorable ; ainsi, lorsque tu vieilliras et que tu regarderas en arrière, tu en profiteras une seconde fois.
12. Un foyer aimant est la fondation de ta vie.
13. Dans les désaccords que tu as avec ceux que tu aimes, ne t’occupe que de la situation actuelle, ne réveille pas le passé.
14. Partage ton savoir, c’est une manière d’atteindre l’immortalité.
15. Sois tendre avec la Terre.
16. Une fois par an, va dans un endroit où tu n’es encore jamais allé.
17. Souviens-toi que la meilleure des relations est celle dans laquelle l’amour que chacun porte à l’autre dépasse le besoin que tu as de l’autre ;
18. Juge tes succès d’après ce que tu as dû sacrifier pour les obtenir

19. Approche l’amour avec un abandon insouciant.

 

Ne dites jamais « l’avenir est derrière moi ».

Ce n’est pas vrai. L’avenir est devant nous, et l’avenir ce n’est pas un tronçon du temps qui vient après le passé et le présent.

Pour nous, l’avenir c’est Quelqu’un, c’est le Christ victorieux de la mort qui s’avance vers nous, qui nous bouscule dans nos étroitesses, qui nous déloge de la prison du temps pour nous dire : « Tu es fait pour la vie et le bonheur. »

C’est cela la foi chrétienne.

L’avenir commence aujourd’hui et il a le visage de l’amour du Christ.

À tout âge, on peut être heureux…

Monseigneur Pierre Molères

 

Écouter est peut-être le plus beau cadeau que nous puissions faire à quelqu’un : C’est lui dire : “Tu es important pour moi, tu es intéressant, je suis heureux que tu sois là. Je suis disponible à ta présence. Je me sens touché par ce que tu es, parce que tu dis.”

Écouter, c’est commencer par se taire et retenir ses “Ah oui, c’est comme moi !” ou “Moi aussi, j’ai eu affaire à telle situation !” pour éviter de parler de soi en s’emparant du discours de l’autre.
Écouter, c’est arrêter son petit cinéma intérieur pour se laisser rejoindre et transformer par l’autre.
C’est accepter qu’il entre dans notre intimité et mette en veilleuse nos pensées et nos ressentis…
Écouter, c’est laisser tomber ce qui nous occupe pour donner son temps à l’autre.
L’écoute ouverte est semblable à une promenade avec un ami. On marche à son pas, proche mais sans gêner, on se laisse conduire par lui, on s’arrête à sa discrétion, on repart avec lui, on est là pour lui.
Écouter, ce n’est pas chercher à répondre à celui qui se cherche, se dit, raisonne devant nous. C’est le laisser s’entendre, se reconnaître, se retrouver dans les errances ou le labyrinthe de ses pensées. C’est refuser de penser à sa place, de donner des conseils, et même de vouloir comprendre. C’est simplement entendre.
Écouter, c’est accueillir l’autre, le reconnaître tel qu’il se définit, sans se substituer à lui pour lui dire ce qu’il doit être. Être attentif à quelqu’un qui souffre, ce n’est pas donner une solution ou une explication à sa souffrance, c’est lui permettre de la dire et de trouver lui-même son chemin pour s’en libérer ou continuer à la porter.
Écouter, c’est donner à l’autre ce que l’on ne nous a peut-être jamais donné : de l’attention, du temps, une présence bienveillante.

C’est en apprenant à écouter les autres que nous arrivons à nous écouter nous-mêmes, dans notre corps, dans nos émotions. C’est le chemin pour apprendre à écouter la vie. C’est devenir un poète de l'”humanitude”, qui sent le cœur et voit l’âme des choses : “A celui qui sait écouter est donné de ne plus vivre à la surface : il communie à la vibration intérieure du vivant.”

 Jacques Salomé

 

Aime aimer ! … pour de vrai, quand même cela fait mal, quand même tu n’y réussis que si imparfaitement.
Aime aimer, et tu Le connaîtras ! … et tu Le reconnaîtras, Lui, que tu cherchais !
Et en cette Rencontre, tu auras trouvé tout, tout ce que réclamaient tes faims et tes soifs, et Il te donnera, et saura les apaiser, encore et toujours plus de ces Faims et ces Soifs de Lui, l’Amour. Et Il t’apprendra à en révéler la Joie aux autres, à tous. Et ce sera pour toi, pour tous, avec Lui, dans le toujours de l’au-delà du temps, la Joie de la Victoire, la Pleine Vie, enfin !

Abbé Pierre

La jeunesse n’est pas une période de la vie,
Elle est un état d’esprit, un effet de la volonté,
Une qualité de l’imagination, une intensité émotive,
Une victoire du courage sur la timidité,
Du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années :
On devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau ; renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs
Sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre
Et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande, comme l’enfant insatiable : Et après ?
Il défie les évènements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-mêmes.
Aussi jeune que votre espoir. Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeunes tant que vous serez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.
D’après le général MAC ARTHUR (1945)

 

Il arrive qu’on ne trouve pas son thé très bon. La cause, on la découvre en arrivant au fond de la tasse : le sucre. Il y était. Mais justement, il était au fond. Il aurait fallu remuer !
Peut-être ce qui manque à nos vies est aussi resté au fond. Notre vie n’a pas la saveur qu’elle pourrait avoir parce que nous n’avons pas l’idée d’aller au fond des choses, ou parce que nous ne le voulons pas. Le progrès nous comble de ses biens et nous fait vivre dans un confort incroyable. Pourtant notre civilisation a un drôle de goût… Nous faisons la grimace, comme pour le thé sans sucre…
Si on essayait de remuer la vie, doucement, jusqu’à ce que les secrets de Dieu montent un peu dans nos journées …

Se tromper est humain.
Persister dans l’erreur est diabolique.
Par contre, pardonner est divin…

 

Bénis, Seigneur, cette nouvelle année, tous ces jours devant nous qui vont passer comme un éclair.

Apprends-nous à les purifier de toute vanité et de toute impatience pour qu’ils soient remplis tout entiers de ta plénitude.

Bénis, Seigneur, cette nouvelle année. Bénis ceux qui s’efforcent, au milieu des guerres et des violences, de bâtir un monde plus fraternel.

Bénis tous les peuples de la Terre afin qu’ils soient dans la paix. Bénis tous ceux qui te reconnaissent comme seul Seigneur, bénis ton Église partagée, divisée, rassemble-la dans l’unité. Bénis tous ceux qui forment ton peuple.

Bénis, Seigneur, oh oui, bénis tous ceux que j’aime, tous ceux que je rencontrerai cette année Bénis, Seigneur, toutes mes démarches, imprègne de prière toute ma vie.

Bénis, Seigneur, cette nouvelle année, aide-nous à vivre tout au long des jours dans l’allégresse et la sérénité, la tendresse et la fidélité.

BOUGIES NOELC’est Noël chaque fois qu’on essuie une larme dans les yeux d’un enfant.
C’est Noël chaque fois qu’on dépose les armes et chaque fois qu’on s’entend.
C’est Noël chaque fois qu’on arrête une guerre et qu’on ouvre ses mains.
C’est Noël chaque fois qu’on force la misère à reculer un peu plus loin.
C’est Noël sur la Terre chaque jour,
Car Noël, mon frère, c’est l’Amour.
C’est Noël quand nos cœurs oubliant les offenses sont vraiment fraternels.
C’est Noël quand enfin se lève l’espérance d’un amour plus réel.
C’est Noël quand soudain se taisent les mensonges, faisant place au bonheur.
C’est Noël dans les yeux du pauvre qu’on visite sur son lit d’hôpital.
C’est Noël dans le cœur de tous ceux qu’on invite pour un bonheur normal.
C’est Noël dans les mains de celui qui partage aujourd’hui notre pain.
C’est Noël quand le gueux oublie tous les outrages et ne sent plus sa faim.
C’est Noël sur la Terre chaque jour,
Car Noël, mon frère, c’est l’Amour.
O. Vercruysse

rois-mages

Ils ont marché longtemps,
Ils ont marché dans la nuit,
Ils ont marché à l’étoile,
Et dans la crèche ils ont trouvé un enfant de lumière.
Oh, Seigneur de lumière,
Comme les mages, nous te cherchons chaque jour.
Pour te trouver, Seigneur,
Il suffit de suivre l’étoile de la bonté et de la paix.

Vois, Seigneur, comme les mages,
nous venons de chez nous pour chercher auprès de toi la paix et la joie.
Nous venons de partout pour t’entendre
nous dire des mots d’amour pour tout le monde.
Et toi, Jésus, tu nous reçois tous et tu nous dis :
« Me voici, je me donne à vous comme un cadeau pour vous tous !
Servez-vous ! Près de moi, vous trouverez le plus grand bonheur. »

 

Je dois vous l’avouer, chers Paroissiens, j’ai, parfois, des démangeaisons.

Par exemple, il m’arrive, lors des messes du Samedi, d’avoir une grande envie de compter les habitants de tel ou tel village présents à la célébration, pensant que j’aurais, sans doute, assez de mes dix doigts, pour le faire. La même envie me prend, parfois, le Dimanche, pour vérifier le nombre de gens qui profitent de la chance d’avoir la Messe célébrée, dans leur village. Mais, je me retiens et je continue, bien sûr, la célébration.

Lors des obsèques, j’ai parfois, très envie de poser la question : « Pourquoi faire venir à l’église, entre quatre planches, quelqu’un qui, de son vivant, a tenu à ne jamais y venir ? ». Mais, je me tais, par respect, pour la famille en deuil. Toujours, pour les enterrements, j’ai bien envie de demander aux personnes qui sont très en avance, devant l’église ou même à l’intérieur, si elles  se sont trompées d’heure, ou s’il s’agit, pour elles, d’un événement à ne surtout pas rater. Je préfère, cependant, me convaincre qu’elles sont là, pour commencer, un peu plus tôt, leur prière…

Autre démangeaison : lors des obsèques, des baptêmes et des mariages, l’envie me prend, parfois, d’imiter les personnes qui mâchent du chewing-gum. Mais, si je le faisais, il faudrait alors arrêter le chant  – que je suis, parfois, le seul à assurer.

Lorsque des personnes disent « MERCI », en recevant la Sainte Communion, ma première envie est de leur dire « Merci qui ? », plutôt que : « Il n’y a pas de quoi ! ». Jusqu’à présent, je me contente de leur faire comprendre qu’il convient de répondre : « AMEN ! ».

J’ai, parfois, envie de dire à ceux qui déposent 1 ou 2 centimes à la quête, de se doter, rapidement de nouvelles lunettes ou bien de considérer ce qu’ils pourraient acheter, avec pareille somme dont ils se privent si généreusement. Mais, je me tais, pour qu’ils n’aillent pas croire que j’aime l’argent.

Quand on me téléphone, sans se présenter – ce qui arrive de plus en plus –  j’ai, parfois, envie de prendre une autre voix, pour faire croire à une erreur de numéro. Cependant, je passe outre, en pensant que la personne en question a cru dire son nom ou que ce n’est pas de sa faute, si elle n’a pas reçu le minimum d’éducation…

Bref, chers Paroissiens, j’ai, parfois, des démangeaisons – ce qui doit vous arriver aussi.  Mais, je me retiens. Cependant, je ne sais pas si je pourrais, en tous ces points, tenir très longtemps !…

  Signé : Monsieur le Cur

 

Je regarde mes fils en vacances, dit Dieu, parce que c’est moi qui les ai créés à mon image. Et même quand ils se reposent, ils sont à ma ressemblance.

Moi aussi après la Création, j’ai pris loisir de regarder mon œuvre et je me suis reposé. Je suis pour le repos, dit Dieu. Bien entendu le repos après le travail dont j’ai donné l’exemple. Et mon fils Jésus, au temps où il maniait la varlope à Nazareth, vous croyez qu’il ne se reposait pas avec joie ? C’est pourquoi j’aime que vous soyez en vacances.

Mais quand je vous vois incapables de rester en place, dit Dieu, à tourner et à tournoyer comme des fourmis en déroute, je me dis que vos vacances, au fond, ce n’est pas du repos. Cette agitation, c’est même un piège du malin qui vous empêche de penser à vous et aux autres et à Moi qui suis votre Père du ciel.

Je regarde mes fils en vacances, dit Dieu, et je ne trouve pas qu’ils aient tellement l’air d’être en vacances. Mais je ne trouve pas non plus qu’ils aient tellement l’air d’être mes fils. Sur les plages qui sont si belles et si bonnes, je le sais bien, moi, qui les ai faites, ils sont là étendus. Et malgré la clarté de mon soleil, ce n’est pas un joyeux tableau. Ils me font penser à ces pauvres gens dont mon Fils a eu pitié autrefois, comme en Palestine, las et prostrés comme un troupeau abandonné.

Je n’ai rien contre les corps bronzés et les bains de soleil, dit Dieu, le soleil, je l’ai créé moi-même. Et l’homme et aussi la femme, je les ai vus, au printemps du monde, au temps de leur innocence, aller et venir sur ma terre, où ils étaient nés. Et ça ne m’offusquait pas. Mais ce que je n’aime pas dans ces multitudes, c’est qu’elles s’ennuient et qu’elles ont l’esprit vide. On dirait que les âmes sont parties en vacances, abandonnant le corps sur le sable comme des poissons échoués. Et ça, dit Dieu, ça ne me plaît pas. Boire, manger, dormir, se multiplier, dit Dieu, je n’en demande pas plus aux animaux que j’ai créés.

Mais pour l’homme qui est mon Fils, j’ai rêvé quelque chose de plus

Même et surtout quand il est en vacances.

     Michel Quoïst

Toi, Seigneur, tu m’invites à pardonner sans cesse. Chaque jour, de nombreux événements, de petits et de gros conflits, de minuscules et d’énormes malentendus, me lancent un appel.

Chaque jour retentit l’appel à pardonner. Mais je n’en ai pas envie, Seigneur. Parce ce que j’ai l’impression de toujours plier quand je pardonne. J’ai l’impression d’être le plus faible, celui qui n’a pas assez de colonne vertébrale pour se tenir debout.

Puis je me souviens de toi sur la croix. Il t’en fallait du courage et de l’amour pour dire : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font !

Donne-moi la force de pardonner sans cesse. Car je sais, en regardant ta vie et ta mort, que ce n’est pas de la faiblesse de ne jamais refuser son pardon.

C’est de la force.

C’est la force de l’amour.

Entrer en Carême
c’est ouvrir sa porte et réapprendre à bouger, à se déplacer, à vivre.
C’est refuser de rester figé sur ses positions, ses dogmes ou ses certitudes absolues.

Entrer en Carême
c’est aussi changer de cap.
Mettre le cap sur Dieu en se laissant déranger par les coutumes des autres, leurs idées,
leurs habitudes, leurs langues,
se laisser surprendre par la musique de l’autre qui dit un autre rythme, au autre temps, une autre chanson.

Entrer en Carême
c’est se mettre à l’écoute de la Parole, celle qui, au milieu des bavardages, nous touche au cœur et nous arrache non une larme, un billet de banque, un chèque,
mais un geste de pardon, d’amour ou de paix.

Entrer en Carême
c’est se mettre à l’écoute de la réussite de Dieu, celle qui accepte la blessure, celle qui ne profite pas de l’échec du faible, celle qui n’exploite pas la naïveté
ou la sueur du faible.

Entrer en Carême,
c’est se mettre à l’écoute de l’Amour de Dieu, un Amour qui vous apprend à lire autrement,
à parler, à partager, à se rencontrer autrement.
A aimer simplement.
Père Alain Lotodé
Curé de la paroisse Notre Dame de Pentecôte (Paris-La Défense)

 

J’ai dit à la Terre :
« Es-tu le Dieu que je cherche ? »
Elle m’a répondu :
« Ce n’est pas moi ton Dieu. »
J’ai dit à tout ce qui vit sur terre :
« Êtes-vous le Dieu que je cherche ? »
Et tout ce qui vit m’a répondu :
« Nous ne sommes pas ton Dieu. »
J’ai demandé à la mer et à tous les êtres qui la peuplent :
« Êtes-vous le Dieu que je cherche ? »
Ils m’ont répondu :
« Nous ne sommes pas le Dieu que tu cherches. »
Alors j’ai dit à tous les êtres que je vois,
que j’entends, que je sens, que je touche :
« Parlez-moi de mon Dieu puisque vous ne l’êtes pas.
Dites-moi quelque chose de Lui. »
Et ils m’ont crié de leur voix puissantes :
« C’est lui qui nous a fait. »
Saint Augustin

Je vous souhaite des rêves à n’en plus finir
Et l’envie furieuse d’en réaliser quelques-uns.
Je vous souhaite d’aimer ce qu’il faut aimer
Et d’oublier ce qu’il faut oublier.
Je vous souhaite des passions.
Je vous souhaite des silences.
Je vous souhaite des chants d’oiseaux au réveil
Et des rires d’enfants.
Je vous souhaite de résister à l’enlisement, à l’indifférence,
Aux vertus négatives de notre époque.
Je vous souhaite surtout d’être vous.

Jacques Brel

Victor_hugoEspère, enfant ! demain ! et puis demain encore !
Et puis toujours demain ! Croyons dans l’avenir.
Espère ! et chaque fois que se lève l’aurore,
Soyons là pour prier Dieu, comme pour bénir !

Nos fautes, pauvres anges, ont causé nos souffrances.
Peut-être qu’en restant bien longtemps à genoux,
Quand Il aura béni toutes les innocences,
Puis tous les repentirs, Dieu finira par nous.

Victor Hugo (1802-1885), 7 octobre 1834
Les Chants du crépuscule (XXX)

 

Qui es-tu, douce lumière qui m’inondes
Et illumines l’obscurité de mon cœur ?
Tu me conduis par la main comme une mère,
Et si Tu me lâchais, je ne saurais faire un pas de plus.
Tu es l’espace qui enveloppe mon être et le garde en lui,
Abandonné de Toi, il tomberait dans l’abîme du néant
dont Tu me tiras pour m’élever à la lumière.
Toi, plus proche de moi que je ne le suis de moi-même,
Plus intérieur que mon être le plus intime
Et pourtant insaisissable et inouï.
Surprenant tout nom
ESPRIT SAINT, AMOUR ÉTERNEL.

N’es-tu pas la douce manne
qui déborde du cœur du Fils
Dans mon cœur, Nourriture des anges et des bienheureux ?
Lui qui s’éleva de la mort à une vie nouvelle
m’a éveillée aussi du sommeil de la mort
à une vie nouvelle et me donne vie nouvelle jour après jour.
Sa plénitude viendra un jour m’inonder,
Vie de Ta vie, oui Toi-même
ESPRIT SAINT, VIE ÉTERNELLE.

Es-tu le rayon qui jaillit du trône du juge éternel
Et fait irruption dans la nuit de l’âme,
Qui jamais ne se connut elle-même ?
Miséricordieux, impitoyable, il pénètre les replis cachés.
Effrayée à la vue d’elle-même,
Elle est saisie d’une crainte sacrée,
Le commencement de cette sagesse,
Qui nous vient d’en haut et nous ancre solidement dans les hauteurs
Par Ton action qui nous crée à neuf,
ESPRIT SAINT, RAYON QUI PÉNÈTRE TOUT.

Es-Tu la plénitude de l’esprit et de la force
Par laquelle l’Agneau délie les sceaux
De l’éternel dessein de Dieu ?
Envoyés par Toi, les messagers du jugement chevauchent de par le monde
Et séparent d’un glaive acéré
Le royaume de la lumière du royaume de la nuit.
Alors le ciel devient nouveau et nouvelle la terre
Et tout vient à sa juste place Sous ton souffle
ESPRIT SAINT, FORCE VICTORIEUSE.

Es-Tu le maître qui édifie la cathédrale éternelle,
Qui de la terre s’élève dans les cieux ?
Vivifiées par Toi, les colonnes s’enlacent bien haut
Et se dressent à jamais inébranlables.
Marquées du nom éternel de Dieu,
Elles se haussent dans la lumière
Et portent la coupole puissante
Qui couronne la cathédrale sacrée,
Ton œuvre qui embrasse le monde,
ESPRIT SAINT, MAIN DE DIEU QUI FAÇONNE.

Est-ce Toi qui créas le miroir clair
Tout proche du trône du Très-Haut,
Pareil à une mer de cristal,
Où la divinité se contemple avec amour?
Tu Te penches sur la plus belle œuvre de ta création,
Reflet lumineux de Ton propre rayonnement
Et de tous les êtres, pure beauté Unie à la figure aimable De la Vierge,
Ton épouse immaculée
ESPRIT SAINT, CRÉATEUR DE L’UNIVERS.

Es-tu le doux cantique d’amour et de crainte sacrée
Qui retentit près du trône de La Trinité,
Qui marie en lui le son pur de tous les êtres ?
Harmonie qui assemble les membres à la Tête,
Et se répand plein d’allégresse,
Libre de toute entrave dans Ton jaillissement
ESPRIT SAINT, ALLÉGRESSE ÉTERNELLE.

CE POÈME D’ÉDITH STEIN EST DATÉ DE LA PENTECÔTE 1937.

 

Sermon de saint Augustin (évêque d’Hippone, Afrique du Nord, mort en 430), sur la montée du Seigneur Jésus Christ au ciel, pour l’Ascension. Publié le 12 avril 2014.

Aujourd’hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui.

Écoutons ce que nous dit l’Apôtre : Vous êtes ressuscités avec le Christ. Recherchez donc les réalités d’en haut : c’est là qu’est le Christ, assis à la droite de Dieu. Le but de votre vie est en haut, et non pas sur la terre. De même que lui est monté, mais sans s’éloigner de nous, de même sommes-nous déjà là-haut avec lui, et pourtant ce qu’il nous a promis ne s’est pas encore réalisé dans notre corps.

Lui a déjà été élevé au-dessus des cieux; cependant il souffre sur la terre toutes les peines que nous ressentons, nous ses membres. Il a rendu témoignage à cette vérité lorsqu’il a crié du haut du ciel : Saul, Saul, pourquoi me persécuter ? Et il avait dit aussi : J’avais faim, et vous m’avez donné à manger. Pourquoi ne travaillons-nous pas, nous aussi, sur la terre, de telle sorte que par la foi, l’espérance, la charité, grâce auxquelles nous nous relions à lui, nous reposerions déjà maintenant avec lui, dans le ciel ? Lui, alors qu’il est là-bas, est aussi avec nous ; et nous, alors que nous sommes ici, sommes aussi avec lui. Lui fait cela par sa divinité, sa puissance, son amour ; et nous, si nous ne pouvons pas le faire comme lui par la divinité, nous le pouvons cependant par l’amour, mais en lui. Lui ne s’est pas éloigné du ciel lorsqu’il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s’est pas éloigné de nous lorsqu’il est monté pour revenir au ciel. Il était là-haut, tout en étant ici-bas ; lui-même en témoigne : Nul n’est monté au ciel, sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l’homme, qui est au ciel.

Le corps du Christ
Il a parlé ainsi en raison de l’unité qui existe entre lui et nous : il est notre tête, et nous sommes son corps. Cela ne s’applique à personne sinon à lui, parce que nous sommes lui, en tant qu’il est Fils de l’homme à cause de nous, et que nous sommes fils de Dieu à cause de lui. C’est bien pourquoi saint Paul affirme : Notre corps forme un tout, il a pourtant plusieurs membres; et tous les membres, bien qu’étant plusieurs, ne forment qu’un seul corps. De même en est-il pour le Christ. Il ne dit pas : le Christ est ainsi en lui-même, mais il dit : De même en est-il pour le Christ à l’égard de son corps. Le Christ, c’est donc beaucoup de membres en un seul corps. Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. De ce fait, le Christ seul est descendu, et le Christ seul est monté; non que la dignité de la tête se répande indifféremment dans le corps, mais l’unité du corps ne lui permet pas de se séparer de la tête.

Saint Augustin

Bethléem, prépare-toi : le paradis s’ouvre pour tous. Réjouis-toi, Ephrata, car dans la grotte, l’arbre de vie a fleuri, du sein de la Vierge. Ce sein est devenu un paradis spirituel, où nous trouvons la plante divine qui nous donne la vie, si nous la mangeons. Désormais, nous ne mourrons plus comme Adam : car le Christ naît pour relever son image, tombée aux premiers jours du monde.
Le Christ s’approche pour nous servir ; il prend, lui le Créateur, la forme de sa créature. Riche de sa divinité, il apporte au malheureux Adam une création et une naissance nouvelles.
Il incline les cieux, et du sein de la Vierge, il s’approche de nous, revêtu de notre chair. Il va naître dans la grotte de Bethléem, selon les Écritures, il va paraître comme un enfant, lui qui, aux enfants, donne la vie dans le sein des mères. Allons à sa rencontre, dans la joie et l’âme en fête.
Le Seigneur plein de sagesse vient chez lui comme un simple hôte : accueillons-le, afin de devenir à nouveau des hôtes de son paradis de délices, et d’y demeurer par la grâce de celui qui naît dans une étable.

Extrait de Prières eucharistiques des premiers siècles, Adalbert Hamman, Desclée de Brouwer, 1957.