UNE-MODELE

Divin’Apéro autour du thème ” Vérité et Mensonge” ! Une belle soirée d’échange !

Autour du thème complexe et multiple de Vérité et Mensonge, la soirée a tout d’abord commencé par le verre de l’amitié et les petits “grignotages” apportés par chacun, un moment toujours chaleureux et agréable pour une assemblée d’une quarantaine de personnes.

Puis une vidéo du Pape François  pour entrer dans le sujet.

Nouveauté pour cette édition : des petits groupes autour d’une table pour débattre ensemble de façon conviviale et plus aisée pour que chacun puisse participer : une belle initiative !

Puis, Père Stanislas a fait un bel exposé sur le sujet :

MENSONGE ET VÉRITÉS

Au début de notre année nouvelle 2019, il me plaît de vous présenter à tous et à chacun mes vœux les meilleurs. Vœux de Santé en première position parce que c’est elle, la santé, qui donne de se réaliser. Alors, je vous souhaite une bonne santé du corps, de l’esprit et de l’âme. J’y joins le Succès dans tout ce que vous allez entreprendre sur le plan familial, professionnel et relationnel. Je vous souhaite aussi la Paix en abondance un autre nom de la santé : la paix dans vos cœurs, dans vos familles, dans notre pays et dans le monde entier. Bonne et heureuse année 2019 à tous et à chacun !

J’avais estimé dans un premier temps organiser un partage de nos réflexions sur le sujet de cette deuxième rencontre de Divin’ Apéro, de sorte à tirer ensemble quelques conclusions. Mais puisqu’il s’agit de dire un petit mot dans le cadre de nos échanges pour clore nos échanges en petits groupes, je m’y soumets. Je le fais aussi parce que le but de la communication qui m’a été demandée est de jeter un regard aussi ouvert que possible sur « mensonge et vérités », sur leurs valeurs spirituelles, morales et humaines. Malgré ma réserve face à l’étendue du sujet à aborder en si peu de temps, je me soumets à l’exercice en comptant naturellement sur votre clémence et votre compréhension. Permettez-moi d’exprimer un sentiment ; car je suis vraiment émerveillé et plein de reconnaissance devant le fait de pouvoir se poser ensemble, d’unir nos pensées, de tourner nos regards vers une réalité si complexe et délicate mais très importante de nos vies. La deuxième autorisation que je vous demande, c’est de commencer mon exposé par une citation biblique tirée du livre des psaumes : « J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles…!  Lorsqu’Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent ; la vérité germera de la terre et du ciel se penchera la justice. Le Seigneur donnera ses bienfaits, et notre terre donnera son fruit. » (Ps 84,9ss). Comme si pour le psalmiste la vérité, la paix, les fruits étaient terrestres et humains pendant que la justice, l’amour, le bienfait seraient célestes et divins. Je propose pour aborder notre sujet de répartir ma communication en 4 points : I– Approche notionnelle de la vérité ; II– Approche notionnelle du mensonge ; III- Le rapport conflictuel entre vérité et mensonge ; IV– La vérité à l’épreuve de la modernité.

I – APPROCHE NOTIONNELLE DE LA VÉRITÉ

Wikipédia nous dit que la vérité (du latin veritas, «vérité»), c’est ce à quoi l’esprit peut et doit donner son assentiment par suite d’un rapport de conformité avec l’objet de pensée et une cohérence interne de la pensée. C’est la connaissance conforme au réel, opposée à l’erreur, à l’illusion, à l’ignorance. C’est la correspondance, l’adéquation entre une proposition et la réalité à laquelle cette proposition réfère.

Ces définitions nous laissent entendre qu’il existe beaucoup d’approche possible de la vérité et même des controverses classiques autour des diverses théories de la vérité. Cependant pour mieux se comprendre, je crois qu’il faut toujours situer le niveau logique ou saisir le cadre précis où l’on se trouve, lorsque l’on donne ou reçoit l’énoncé d’une vérité. Il y a des vérités liée à la culture ( par exemple le regard ou l’expression d’un sentiment affectueux en Europe ou en Afrique) ; il y a des vérités liée à chaque religion et à sa théologie ; il y a des vérités scientifiques (mathématiques, physiques, médicales, chimiques,…) ; il y a des vérités historiques (et même là il y a l’histoire selon les vainqueurs et celle des vaincus). Au niveau philosophique, il y a la vérité antique et médiévale avec Parménide, Aristote, la vérité selon les épicuriens, les stoïciens, selon St Augustin, St Thomas d’Aquin,… Il y a la vérité selon notre époque moderne avec René Descartes, Baruch Spinoza, Emmanuel Kant, et j’en oublie,… chacun avec ses nuances sensibles. Il y a la vérité selon la philosophie contemporaine avec Georg W.F. Hegel, Friedrich Nietzsche (qui va même jusqu’à affirmer que la vérité est un mensonge qui a vieilli), Bertrand Russell, Martin Heidegger, Jürgen Habermas,…. Il y a la vérité selon le droit avec tout son langage juridique. Cependant, de toutes ces théories sur la vérité, j’estime qu’il nous faut partir du postulat que notre intelligence peut et doit se soumettre avec humilité à la réalité ; la rechercher pour la reconnaître telle qu’elle est au niveau naturel comme au niveau révélé. C’est pourquoi, il est fait usage de procédures de vérification, de réfutation ou de corroboration pour reconnaître l’exactitude de ce qui est recherché.

A ce niveau, je voudrais distinguer la connaissance sensible de la connaissance intellectuelle : la connaissance sensible est partagée avec les animaux qui ont plutôt un instinct et des automatismes. Il y a de nos jours le développement de l’intelligence artificielle  par l’application de règles techniques et mécaniques, inscrites dans des programmes préparés par des êtres humains, donc sans aucune intelligence autonome. La connaissance intellectuelle est le propre de l’homme : elle permet de connaître les natures intelligibles, la nature des choses : ce que la chose est, ce qui la constitue dans son être. Par l’abstraction, l’intelligence élimine les déterminations individuelles et accède à la nature des choses. Trois degrés d’abstraction se posent ici : les niveaux physiques, mathématiques et métaphysiques[1]. On ne peut pas, par un raisonnement physique ou expérimental, démontrer un théorème de mathématiques ; mettre en équations les raisonnements philosophiques n’a pas de sens, car ils sont d’un autre niveau d’abstraction. De même, on ne peut démontrer ce qui concerne Dieu avec la physique ou les mathématiques : ce qui relève de l’existence de Dieu appartient à un degré d’abstraction tout autre. Là, on y adhère par la foi, qui est d’un ordre de certitude différent. Les vérités du domaine moral montrent ce qui est bien pour l’humain.

L’intelligence donne la capacité de relier les idées entre elles à travers des jugements – qu’ils soient analytique ou synthétique -, puis des raisonnements. Le point important pour un jugement ou un raisonnement, c’est qu’il soit vrai, c’est-à-dire qu’il y ait conformité entre ce qui est exprimé dans la pensée et la réalité extérieure objective, qui existe qu’on le veuille ou non. Pour accéder ainsi à la vérité, l’intelligence doit accepter de la rechercher avec une certaine ascèse, et de se soumettre au réel avec une grande humilité. La recherche de la vérité suppose une capacité à faire la part des choses sans se laisser influencer par les passions ni par les intérêts. Il y a une objectivité de la vérité – c’est-à-dire qu’elle n’est pas soumise aux « a priori » des désirs personnels ou des craintes, ou des sensations immédiates.

II – APPROCHE NOTIONNELLE DU MENSONGE

Le mensonge est l’énoncé délibéré d’un fait contraire à la vérité ; la rétention, la dissimulation ou l’omission de la vérité. Ce qui est bien différent de la contrevérité, qui désigne simplement une affirmation inexacte, sans préjuger du fait que son auteur le sache ou pas. Il y a à ce niveau ce que la théologie chrétienne appelle une conscience erronée ou une conscience invinciblement erronée. En droit canonique, il est question d’ignorance dite crasse ou supine : l’ignorance crasse est l’état d’une personne qui ignore et qui ne fait rien pour connaître ! Quant à l’ignorance dite supine, elle consiste à reconnaître son ignorance mais à s’obstiner à agir selon sa volonté, selon son entendement. C’est là un langage bien juridique.

Mais, je puis dire que le mensonge est une forme de manipulation qui vise à faire croire ou à faire faire à l’autre ce qu’il n’aurait pas cru ou fait, s’il avait su le but ou l’objectif visé. Le mensonge s’oppose clairement à la véracité, à la sincérité ou à la franchise. En d’autres termes, je dirais que mentir consiste à déguiser sa pensée dans l’intention de tromper. Cette intention se distingue des autres usages faux de la parole, mais admis dans le but de divertir ou par pur procédé rhétorique (avec des figures de style propre : « va, je ne te hais point » ; « c’est pas si mauvais »,…). Benjamin Constant, dans son célèbre débat avec Emmanuel Kant sur le «droit de mentir», s’est fait même le chantre de certaines formes de mensonges dits légitimes. La théologie chrétienne parlait de péchés véniels ou mignons mais n’encourage pas à en collectionner. Dans le registre du mensonge, nous pouvons y joindre à une certaine échelle bien sûr :

  • la simulation, qui est le fait qu’une émission extérieure, de façon sérieuse et conforme à ce qui est attendu ou entendu, en paroles ou et en actes, ne corresponde pas du tout à ce qui est pensé ou voulu intérieurement. C’est l’absence de cohérence !
  • la superstition, qui pourrait se définir comme l’art de conjuguer les coïncidences. On en fait tellement que parfois le montage est si excellent. Je le dis en pensant aux convictions actuelles sur la théorie du complot[2]. Cette idée pèse fortement sur notre société moderne au point que faire la part des choses en ce domaine n’est pas du tout évident. Certes, il y a vraiment beaucoup de tacticiens en tous les domaines, qui tirent profit de tout ; mais tout ne peut pas être complot dans la vie : ne surestimons pas l’humain jusqu’à ce point !
  • je me permets de glisser aux titres des mensonges, la « fiction», qui est une construction imaginaire, un fait imaginé et donc par définition opposée à la réalité. Elle n’est pas forcément coupable ni peccamineuse ; mais il y a beaucoup de fiction qui sont brandies comme des certitudes, des vérités… au point même que l’on peut dire que la vérité ne semble plus estimée, recherchée, valorisée. On se laisse saisir par l’immédiateté du sentiment, du spectacle, de la communication, des bonnes mœurs, de la diplomatie, ce qui conduit au relativisme et peut faire perdre les repères, déboussoler. Le relativisme proclame même qu’il n’y a pas de vérité ou que toutes les paroles se valent. On le dit si rapidement «entre ta vérité et ma vérité, il y a la vérité ! » Or, il existe toujours une réalité objective qu’il faut reconnaître telle qu’elle est.

III – RAPPORT CONFLICTUEL ENTRE VÉRITÉ ET MENSONGE

Platon rapporte que Socrate s’est fait beaucoup d’ennemis en cherchant et en disant la vérité. Cela, parce que Socrate a manifesté l’ignorance des juges, qui passaient pour sages et savants aux yeux de tous et à leurs propres yeux. D’où le fameux adage chez Platon dans l’Apologie de Socrate : « je ne sais qu’une chose, c’est que je ne sais rien ». C’est vrai, le dévoilement de nos limites ou même de notre ignorance provoqué par la confrontation avec la vérité est forcément perturbant. Plus nous sommes loin de la vérité, plus cela provoque une perte de crédibilité ou de légitimité avec des conséquences sociales potentiellement importantes. Il y a aussi le risque d’une humiliation et c’est ainsi que la vérité peut en arriver à être perçue subjectivement comme un mal. St Augustin le disait même : « toute vérité qui n’est pas charitable, procède d’une charité qui n’est pas véritable ». La vérité est que nous devons être audibles sans que notre énoncé de la vérité  ne soit comme le dévoilement de la vulnérabilité de l’autre. C’est là toute la délicatesse du sujet relevée précédemment.

Saint Augustin, dans ses Confessions, va jusqu’à soulever un paradoxe : « Pourquoi la vérité engendre-t-elle la haine ? Pourquoi les hommes regardent-ils comme un ennemi celui qui la prêche ?… Ils aiment la lumière quand elle luit, ils la haïssent quand elle les confond… Et, comme ils n’acceptent pas d’être trompés,…, ils l’aiment quand elle s’annonce, ils la détestent quand elle les dénonce. Cependant,…, il préfère goûter la joie dans la vérité que dans l’erreur.» (Les Confessions, Livre X, Ch. 23). Il va sans dire donc que dans un contexte de bienveillance, les limites et les vulnérabilités ne posent plus du tout le même problème. Personne, par sa bienveillance, ne peut vouloir du mal à un autre ou abuser de lui, en principe ! La manifestation de ses limites dans un tel contexte ne constitue plus une menace. Elle devient même un bienfait personnel. D’ailleurs, nous le savons, la personne humaine implique une incomplétude, elle n’est pas toute puissante toujours et partout ; elle est un être social ! Ce qui me fait croire que c’est vraiment l’horizon vers lequel nous regardons qui oriente aussi notre positionnement face à la vérité. Anne ROUMANOFF (avec son « on ne nous dit pas tout ») définit l’horizon en des termes humoristiques mais bien édifiants. Elle dit que l’horizon est une « ligne imaginaire qui recule au fur et à mesure que l’on s’avance vers elle. » Alors, dès que l’on envisage ainsi la vérité, la marche devient plus allègre, puisqu’on accède progressivement à plus de lumière.

C’est sûr, dans toute vie, il y a des points au delà desquels il est quasi impossible de lâcher sa « situation sociale » ou de se déconstruire. Mais il y a des conversions qui sont des faits exceptionnels, presque surnaturels. Je le dis en pensant à Nicomède, un des notables pharisiens de l’entourage du grand Prêtre, qui est allé – de nuit – consulter Jésus, et qui l’a même appelé Rabbi, maître (cf. Jn 3,1-21). Mais il n’a pas osé se mettre en travers du verdict du Grand Prêtre lors du procès de Jésus. Pourtant, il a aidé pour la sépulture de Jésus avec 30kg de myrrhe et d’aloès (cf. Jn 19,38-42). Je pense aussi à Pilate qui dit à Jésus : « Es-tu Roi ? » Et Jésus de lui répondre : « C’est toi qui le dit. Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci, rendre témoignage à la Vérité. Quiconque aime la vérité écoute ma voix. » (Jn 18,35) Et Pilate de clore le procès par cette question : « qu’est-ce que la Vérité ? » Puis, il se lave les mains et cède à la foule qui demandait la crucifixion de Jésus et la libération de Barrabas.

C’est vrai, on peut ne pas accepter la Vérité parce qu’on ne comprend pas ou parce qu’on a accepté une opinion tout autre, ou parce qu’on s’est construit une opinion personnelle ; c’est cela la liberté essentielle de l’intelligence humaine, mais il ne faut pas nier la réalité des choses !

IV – LA VÉRITÉ Á L’ÉPREUVE DE LA MODERNITÉ

De nos jours et surtout dans le monde numérique, le souci de la vérité semble avoir pris un grand coup. La lutte actuelle contre les fake news en dit long. Il faut plus de vigilance et carrément d’autres outils de connaissance pour pouvoir les repérer et se positionner. Ce qui est bien une déconnexion d’avec le réel. L’information présente des fragments de réel qui accaparent l’attention et occultent le reste, empêchant ainsi l’accès à la vérité dans son entièreté cohérente et indivisible.

Le monde virtuel d’aujourd’hui accentue cette déconnexion du réel. Il fait facilement perdre ce contact avec la réalité et partant avec le sens premier de la vérité. Les écrans sont partout et ils méritent leur nom vraiment. Car ils « font écran » à la réalité. On s’intéresse à ce qui se passe ailleurs et même au loin, toutes choses sur lesquelles nous n’avons pratiquement aucune influence. C’est vrai que beaucoup de nouvelles du monde circulent par ce billet et font un bien énorme ; mais, il faut le reconnaître aussi, on s’évade vite dans l’imaginaire ou l’artificiel et, ce faisant, on s’intéresse moins à son voisin, à ses proches, qui sont, eux, dans le réel et qui ont besoin de nous. Ce monde virtuel limite même la connaissance de la réalité aux objets sélectionnés en fonction des sensations qu’ils suscitent ou que l’on désire. Or, la vie en dehors de la vérité ne peut vraiment et pleinement pas satisfaire le cœur…

On pourrait en dire davantage, mais je conclue…

Oui, la Vérité choque surtout lorsqu’on ne s’y attend pas et que la manière dont elle nous parvient ne nous va pas du tout. Malgré tout, un adage dit que la vérité rougit les yeux mais ne les casse pas ! La définition du niveau logique ou la possession des outils adéquats pour tenir toute affirmation ou tirer toute conclusion sur la vérité est indispensable.

Pour les catholiques, la Vérité, c’est une personne, Jésus-Christ : le Chemin qui mène à la Vie (cf. Jn 14,6). Il est la Lumière qui ne s’éteint pas. Il éclaire le Chemin que nous avons emprunté (cf ; Jn 8,32 ; 20,31). Il est la Vérité qui rend libre, qui élève l’âme et procure la joie. Le mensonge, c’est l’anti-Christ : le diviseur, l’accusateur, le perturbateur, celui qui conduit à la perdition, à la détresse et à la solitude. Le pape Jean Paul II affirmait que « la vérité c’est la force de la paix. » Et si je puis me permettre un point de vue personnel, je dirais que la vérité est la racine de tout sans être question de dire que l’un a raison ou tort ni de chercher à soumettre l’un à l’avis de l’autre. Car sous tous les cieux, dans toutes les cultures et de tout temps, il est admis que les bons comptent font les bons amis ! Je vous remercie pour votre aimable attention !

Abbé Stanislas BALO – Soirée Divin’Apéro – Vendredi 11/01/2019

[1] Le premier niveau, celui de la physique, est celui des sciences expérimentales. Le deuxième niveau, celui des mathématiques, abstrait l’expérience pour traiter des quantités. Le troisième niveau, celui de la métaphysique (« au-delà de la physique »), abstrait les quantités pour s’intéresser à l’être.

[2] désignée, de façon plus récente, par les néologismes conspirationnisme ou complotisme.

La soirée s’est terminée par la lecture commune des Complies. Merci vraiment à tous pour ce beau moment !

Psaume 84

Refrain : Voici notre Dieu qui vient nous sauver.

J’écoute: que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple:
son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui,
et ses pas traceront le chemin.